Soirée-Bénéfice annuelle d’Héritage Saint-Bernard

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Sainte-Martine
Travaux illégaux le long des berges
Par Valérie Gagnon
Mercredi 28 mai 2014 09:16:24 HAE


Du remplissage considéré illégal dans la zone inondable de la rivière Châteauguay à Sainte-Martine.

SAINTE-MARTINE - Un citoyen de Sainte-Martine entreposerait illégalement de la terre et autre matière sur la zone inondable de son terrain le long des berges de la rivière Châteauguay.

Lors de la dernière assemblée publique du 6 mai dernier, le citoyen Frédéric Tougas a demandé aux membres du conseil municipal s’ils ont été informés des travaux de remplissage qu’exécute M. Henri St-Ours, son voisin.
«Je suis au courant depuis le début. Cela a commencé il y a un an et demi », dit le maire Éric Brault. Selon Frédéric Tougas, son voisin a commencé à pousser de la terre le long des berges en 2011, sur une superficie équivalant à deux terrains de football. En 2013, selon M. Tougas, des milliers de camions défilaient devant sa propriété pour ensuite déposer de la matière sur le terrain de M. St-Ours. « On ne parle pas de dizaines, ni de centaines (camions), c’était du matin au soir », affirmait-il lors de l’assemblée publique. « Peut-être que la municipalité a été menée en bateau parce que moi, ce que je pense, c’est que la personne demandait des permis après coup pour des raisons autres (…), renchérit M. Tougas. Nous on est des voisins et on le sait (…), il y avait deux bulldozers de chantier », dit-il.

Citoyen en infraction

« Les travaux que M. Henri St-Ours réalise dans la rive ne sont pas conformes à l’article du règlement. Il s’agit d’un point d’infraction », indique Jean Côté, directeur général de la municipalité de Sainte-Martine. Selon un article d’un règlement de zonage, les mesures relatives aux rives précisent les travaux qui peuvent être faits et la nature des activités de M. St-Ours ne sont pas conformes, selon les analyses de l’inspecteur Christian Leduc, de Sainte-Martine. De plus, un autre article du même règlement relatif aux plaines inondables vient préciser les autorisations et les usages à ce niveau. « M. St-Ours a une partie de son terrain qui est située dans la zone inondable de grand courant. Donc, il n’a pas le droit de faire ces travaux dans cette zone », indique M. Coté. Il contreviendrait également au règlement de nuisance sur le bruit. Les nombreux voyagements reliés au déversement de matières sur son terrain le long des berges auraient dépassé les normes.

Certificat d’autorisation retiré

M. St-Ours avait déjà un certificat d’autorisation pour effectuer des travaux. L’inspecteur a évalué que les travaux étaient non conformes et le certificat lui a été retiré. Le citoyen en infraction a également reçu le 21 mai dernier, un avis de la municipalité. M. St-Ours a 10 jours pour se conformer. S’il n’obtempère pas à cet avis, la municipalité aura recours aux procédures judiciaires.
Marie Klaudia Dubé, présidente et fondatrice de l’ARRC (Amis et Riverains de la Rivière Châteauguay), dénonce cette situation. « On ne peut pas accepter ça. On le dénonce et nous allons retourner au MDDEFP. Si c’est accepté pour eux, tout le monde va le faire. » Une pétition est présentement sur le web afin que la population puisse manifester son mécontentement. Sous le titre « Cesser les activités à ciel ouvert du dépotoir à Sainte-Martine près de la rivière Châteauguay », cette pétition comprend jusqu’à maintenant près de 120 signatures.
Au moment de mettre sous presse, le journal n’avait pas reçu de retour d’appel de M. St-Ours. Un échantillon de terre a été prélevé le 24 avril dernier par un technicien du ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) afin d’analyser les sols de M. St-Ours, selon Daniel Savoie, directeur régional adjoint de la Montérégie du MDDELCC. Les résultats restent encore inconnus.

[Zone inondable régie par le MDDELCC]

La politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables est intégrée par les Municipalités régionales de compté (MRC) au schéma d’aménagements des municipalités. Les municipalités doivent être conformes à cette politique et ont pleine juridiction sur les cas d’infraction en zone inondable.

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RENCONTRE MÉMORABLE ENTRE LES PEUPLES

Mardi soir, le 11 décembre dernier (2012) à Châteauguay, l’ARRC a vécu une expérience historique avec certains représentants du Conseil Traditionnel des Mohawks de Kahnawake et de quelques Mayas du Guatemala. Cette rencontre s’est réalisée suite à des évènements organisés par le Cercle des Premières Nations de l’UQAM en partenariat avec les peuples autochtones ainsi que la collaboration du Centre Wampum, des Femmes autochtones du Québec et The Mohawk Traditional Council de Kahnawake. La rivière Châteauguay aura donc été une source d’inspiration servant d’intermédiaire pour la concrétisation de cette première rencontre. Elle se veut une des préoccupations des membres du Conseil Traditionnel des Mohawks tout comme pour les membres de l’ARRC (Amis et Riverains de la rivière Châteauguay). Stone Iwaasa avait le mandat de réunir ces trois groupes de citoyens ayant des vécus que nous percevons comme différents mais qui, en réalité, sont tellement similaires. L’ouverture de la soirée s’est faite selon la pure tradition autochtone avec Stuart Myiow Sr du Clan de l'Ours, un ainé représentant le Conseil Traditionnel des Mohawks et de Stone Iwaasa. Chacun des participants à cette soirée a vécu un rite de purification à base d’une des herbes sacrés amérindiennes, la sauge.

Stuart Myiow Sr nous a rappelé l’obligation de défendre notre Mère terre. Nous devons cesser de l’exploiter au maximum, nous devons cesser de l’adapter à l’homme parce qu’on s’en va tous vers une fin fatale. Notre Mère-terre est une identité vivante, universelle et nous devons savoir reconnaitre tout ce qui vit en elle et sur elle. Nous devons ensemble nous intéresser aux enjeux des actions que nous posons sur notre Mère-terre. Nous devons protéger notre terre et notre eau. Autrefois, dit-il, on allait au milieu de la rivière pour y boire son eau. Maintenant, ce n’est plus possible. Nous devons, chacun de nous, respect et paix à notre Mère-terre
Grand-père Cristobal Cotji KABAWILKAN, guide spirituel Maya, nous a entretenu sur la fin du 13 b’ak’tun en 2012, sur les compagnies canadiennes qui viennent détruire notre mère terre, sur la richesse des terres que détiennent 21 citoyens guatémaltèques. Sa fille Ixmucane travaillant au Centre Communautaire nous a expliqué le rôle de la femme et la défense des droits de cette dernière dans la société Maya. Gustavo Zamora Jiménez du Cercle des Premières Nations de l'UQAM et Édith Mora-Castelán du Mohawk Traditional Council servaient de traducteurs passant de l’espagnol au français à l’anglais.

Des échanges s’en sont suivis, sur les exploitations minières et sur l’utilité de l’eau sur tout ce qui se vit au niveau planétaire.

Biographie de Stone: Activiste de paix albertain, sous la protection du Clan de l'Ours, MTC
Biographie de Cristóbal: Director Centro Comunal Kabawilkan, Chimaltenango, Guatemala
Biographie de Stuart Myiow Sr: Aîné important de Kahnawake qui, avec d'autres, a mené trois fois l'opposition victorieuse au projet de casino du conseil de bande.

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RENCONTRE MÉMORABLE ENTRE TROIS PEUPLES (suite)

Le Conseil Traditionnel Mohawk de Kahnawake a choisi Stuart Myiow Sr,  l’Aîné des Mohawks et membre du clan de l’ours et Stone Iwaasa, reconnu comme Activiste de paix albertain qui ont eu pour rôle d’accueillir les nouveaux arrivants. Stone  est  également sous la protection du Clan de l'Ours. Les nouveaux arrivants, ce sont ces citoyens du peuple Maya qui partageaient une soirée d’amitié avec les Amis et Riverains de la Rivière Châteauguay.  Le Conseil Traditionnel Mohawk de Kahnawake a choisi  les membres de l’ARRC pour établir ce premier contact avec leurs proches voisins parce que l’organisme environnemental est reconnu pour défendre notre Mère Terre et l’eau qui la nourrit, celle de la Châteauguay, notre belle rivière. 

Christobal est le conférencier Maya. Il est prêtre maya du compte du temps et du culte solaire, fondateur du (KABAWILKAN - Centre Communal d'Information-Identite Maya et Interculturelle)

La terre devient notre propre dépotoir, elle deviendra notre propre tombe.
Avec une prise de conscience on pourrait ensemble améliorer le monde.
On est en train de s’ouvrir vers le monde.
Il a poursuivi en nous rappelant cette phrase lourde de sens : « je suis toi, tu es moi »

Cristobal nous parle du calendrier Maya  et des souffrances que vit son peuple. Il nous a parlé du 4 octobre 2012, des viols, des meurtres, du massacre et quoi encore! S’ensuivit  l’année avant l’indépendance du Guatemala et  l’histoire douloureuse de son peuple.
Après 500 ans de souffrance, le peuple Maya estime qu’avec la fin de leur présent calendrier, une ère de paix et d’harmonie entre dans un nouveau cycle. Ce calendrier représente la fin d’un cycle de 5200 ans. Les mayas professionnels n’ont jamais avancé l’idée d’une catastrophe mais plutôt la « fin » du compte du calendrier maya en 2012 qui nous destine vers une union de tous les peuples. Un très grand respect sera donné à la Mère Terre. Les dernières décennies ont  vu naitre un certain réveil vers l’unité et la paix sur terre. Les peuples Mayas et Autochtones sont certains de reprendre leurs coutumes Ancestrales soit le  respect et la protection de notre Mère Terre et de l’eau. C’est le baktun Maya. Le  but du peuple Maya est de revenir comme avant, à la vie en communauté invitant le partage avec tous les peuples. Ceci se veut la raison  de la présente rencontre. Nous sommes  différents peuples qui ont pour but de protéger, tous ensemble, notre Mère Terre, nos rivières et notre eau.
Archibald a aussi parlé de massacres vécus dans son village, des différents chaos bouleversant le monde et des problèmes environnementaux.

Tous ces problèmes viennent de notre manière de penser et de faire. Ce sont nos propres idées qui nous détruisent de rajouter le conférencier.
Le plus grand danger pour la vie c’est nous-même. Avons-nous  vraiment évolué quand on regarde l’humain? On oublie la nature, on oublie la terre….celle qui nous nourrit.

Puis, Cristóbal nous a entretenus sur les compagnies minières canadiennes qui violent leurs terres. Elles viennent violer notre terre, chez nous dit-il.  Elles font beaucoup d’argent et oublient que nous sommes là. Mais, elles sont là, elles, et travaillent de pair avec le gouvernement. Ces industries sont en train de tout détruire. C’est un copinage avec le gouvernement et les multinationales. Il y a beaucoup de manipulation politique. Les élections sont faites pour garder le contrôle. Les militaires ont vraiment le pouvoir. On nous enlève nos terres. 21 familles seulement possèdent l’ensemble de nos terres. Les gouvernements Guatemalas essaient de s’approprier nos terres communautaires qui ont des eaux thermales, ils ont voulu tout privatiser mais le peuple Maya s’est levé et a dit : non. L’armée est arrivée. Certains endroits sont devenus parc nationaux et  l’état est propriétaire du sous-sol. Ce qui laisse la porte ouverte aux multinationales.
C’est la même chose qui va se passer ici. On va tout prendre ce que la terre nous fournit, tout. On va la vider de toutes ses richesses en oubliant que demain, nos enfants ne pourront plus survivre, voire vivre. Il est très important de garder notre propre identité, celle des Mayas, celle des peuples Mohawks Traditionnels et la vôtre.

Nous sommes tous habités par un même lien qu’il soit politique, culturel et social.
Il nous appartient à nous qui sommes conscients, à développer cette conscience qui nous permettra de continuer à travailler ensemble.

Dans les mentalités Mayas, il n’y a pas de prison mais la réparation existe.
Les Mayas veulent établir le dialogue ajoute-t-il. Selon Archibald et le peuple Maya, le gouvernement doit consulter la population : 99% des profits reviennent aux compagnies minières et 1 % reste au peuple. Est-ce normal? Ils viennent détruire notre terre.

Ici, on appelle ça, la «PARTICIPATION CITOYENNE», c’est la base, c’est aussi le fondement de l’ARRC.

Un échange s’en est suivi entre les trois peuples. On a discuté gaz de schiste, de pollution de notre rivière (ce qui inquiète aussi le «clan Traditionnel des Mohawks»), de la pêche qui est devenue impossible dans cette rivière de rajouter tristement Stuart Myiow Sr, du pétrole, des sables bitumineux. Les trois peuples ont ainsi reconnu partager les mêmes préoccupations.

   
 
ARRC - Les Amis et Riverains de la Rivière Châteauguay - © 2012